Article paru dans le journal

Página/12 à Buenos Aires,

Le 10 mars 2010

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Expositions, rencontres et récitals durant le Mois de la Francophonie

Avec la langue comme lien

La rencontre, qui se propose de montrer la diversité culturelle de l’univers francophone, est organisée par l’Alliance française conjointement avec les ambassades du Canada, de Belgique, de Suisse, de Roumanie et d’Haïti. La chanteuse Athésia assurera le spectacle inaugural.

Même si à la langue française on associe directement la tour Eiffel et la musicalité propre de l’accent parisien, il n’y a pas lieu de réduire cette langue  à ces simples constats. Il suffit de se rappeler cet exemple limpide de la linguistique: les inuits ont une variété de manières différentes de nommer la neige. Dans le but de souligner le Jour international de la francophonie qui se célèbre le 20 mars, l’Alliance française (946, Córdoba), offre, à partir d’aujourd’hui, une série d’activités culturelles et d’expositions auxquelles participent le Canada,  la Belgique, la Suisse, la Roumanie, et Haïti. «Parler français ne veut pas dire la même chose en Algérie qu’au Québec. L’Idée du Mois de la Francophonie est de montrer la diversité culturelle». a expliqué à Página/12 la directrice de la Culture de l’Alliance, Aline Hériaut, co-organisatrice avec les représentants des pays mentionnés plus haut.

Les activités, qui dureront jusqu’au vendredi 19 (et dont la programmation complète peut être consultée à www.alianzafrancesa.org.ar ont pour but de présenter les réalités diverses qui composent l’univers francophone qui n’est pas du tout petit. Il y a 200 millions de personnes qui parlent cette langue aux quatre points du monde et 32 pays dont c’est la langue officielle. «La langue n’est jamais quelque chose de statique et véhicule tout ce qui constitue  une culture. Les habitants de la Suisse, par exemple, parlent italien allemand et français. On remarque cela dans le cinéma de ce pays. Langue et culture vont de pair. La langue est le support de la communication et sans culture, il n’y a pas d’identité. Et l’idée n’est de comparer sinon de comprendre chaque pays», soutient Herlaut. Le Jour international de la francophonie se célèbre depuis 1990, et chaque fois, il y a plus de pays qui se joignent aux festivités.

Oui, Athésia chante en anglais, français, créole et portugais. Son tango en sera un sans malfrats ni quartiers de bas-fonds, mais avec une énergie bien excentrique. «La présence de’Athésia est importante pour ce que se passé en Haïti. Elle l’étoile de la rencontre et en même temps une aide à notre prise de conscience», lance Herlaut.

La chanteuse Athésia est née à Montréal de parents haïtiens.

Le Mois de la Francophonie comprend l’exposition du photographe argentin, Sergio Reyna qui travaille conjointement avec le Canadien François-Régis Fournier. Les artistes se sont concentrés sur le berceau de l’Amérique française: la ville de Québec. «J’ai émigré là-bas en mars 2008. Le premier choc visuel est venu de l’architecture, sans aucun doute. C’est une ville loin de notre pays non seulement par la géographie mais aussi par la culture. Donc, à partir de cela je suis en dans processus permanent d’assimilation de cette culture. L’étude de la langue française, le travail, le contact direct avec les gens, leurs rythmes quotidiens, leur musique, images et paysages qui m’amènent à incorporer de façon consciente et inconsciente la culture québécoise», confie Reyna.

Après avoir présenté au Chili leurs travaux où ils exposaient le patrimoine jésuites des deux pays, les deux artistes se proposèrent de faire un hommage à Québec pour les 400 ans de sa fondation, en 2008. Les photographies retracent le patrimoine architectural de la ville et offrent un «parcours de la vie quotidienne de Québec moderne»: portes, fenêtres, rues, cafés, terrasses, gens, pierres, monuments. Le titre de l’exposition est Deux regards sur Québec. «Cela nous invite à découvrir qui est derrière le regard. Aucune des photos signée, cela incite le spectateur à découvrir qui est l’auteur», explique Reyna. En ce qui a trait à la rencontre à l’Alliance, le photographe commente: «C’est très bénéfique pour les artistes car cela offre la possibilité de toucher des gens d’autres cultures, d’assurer une connaissance intégrale, fondamentale à la vie de toute personne qui se consacre à l’art, ou non».

La découverte d’aspects plus sociaux de ces pays qui parlent français se fera grâce à un festival de cinéma qui aura lieu à partir du 15 jusqu’au dernier jour. L’entrée est toujours gratuite. « Ce sont des représentations particulières de ce qui se passe dans chaque pays, mais il y a un lien dans le fait qu’elles traitent d’une quelconque problématique», conclut Herlaut. Il ne sera pas difficile pour le spectateur argentin  de pénétrer ces récits parce qu’à vrai dire, il y a d’inévitables points de comparaison avec des réalités latino-américaines. Dans Occident (Roumanie, Cristian Mingiu, 2002) (le lundi 15 à 18h), par exemple, on peut voir l’impact des migrations de jeunes Roumains vers l’Europe de l’Ouest si attrayante où se brisent leurs idéaux d’une vie meilleure. Le Peuple invisible (Canada, Richard Desjardins et Robert Monderie, 2007) (le mardi 16 à 20h), s’intéresse à la situation d’une communauté aborigène submergée par la misère, qui voit ses droits systématiquement violés. Pour Haïti, on verra Jacques Roumain: Passion pour un pays (Arnold Antonin, 2008) (le jeudi 18 à 17h45), film qui aborde l’histoire de l’écrivain, poète, dirigeant révolutionnaire et fondateur du premier parti communiste haïtien.

Tant en Roumanie - qui a le français comme langue seconde - qu’Haïti participent pour la première fois à la rencontre argentine de la francophonie. L’année dernière, il y a eu une représentation du Maroc qui, à cette occasion-ci ne participe pas. «Vraiment c’est un avantage que dans les pays on parle plusieurs langues parce que cela permet de faciliter les relations humaines. C’est une porte ouverte sur le dialogue», souligne Herlaut. La liste des longs-métrages se complète avec Dans la vie (Philippe Faucon, France, 2008) (le lundi 15 à 20h) qui se concentre sur la religion juive d’une Africaine; Home (Suisse, Ursula Meier, 2008), le mercredi 17 à 20h), fable contemporaine sur l’aliénation de la vie en ville; Quand la mer monte (Belgique, Yolanda Moreau et Gilles Porte, 2004) ( le jeudi 18 à 20h). histoire d’amour entre une actrice et un transporteurs de personnages géants, et Les réfugiés de la planète bleue (Canada, Hélène Choquette et Jean-Philippe Duval, 2006) (le vendredi 19 à 20h, qui aborde la problématique des populations rurales expulsées de leur  territoire.